Arrivée en terre sainte. Jour impatiemment attendu, où je vais enfin poser le pied en terre sainte.
Le bateau s’approche du port à la levée du jour, et la côte nous apparait au traver des brumes matinales. C’est une impression absolument unique que de découvrir un pays pour la première fois en arrivant par la mer. J’ai eu l’occasion d’arriver en avion dans des pays pour la première fois et l’impression est totalement différente. L’avion survole se pose et en seulement quelques minutes on est arrivé. En bateau l’impression est toute autre. Le pays se dévoile peu à peu et l’impression est beaucoup plus douce, comme si le pays se dévoilait lentement aux yeux du voyageur, comme deux êtres qui s'observent, s'apprivoisent avant de s'enlasser. Le port d’Ashdod est le premier port d’Israël qui permet le commerce avec toute la partie sud du pays. Nous arrivons dans la partie du port réservée aux cargos qui peut accueillir les grands bateaux de croisière.
Puis c’est le départ vers Jérusalem. Nous quittons le port après trois contrôles par des militaires en armes avec interdiction stricte de photographier. L’ambiance est particulière.
Avant d’arriver sur Jérusalem, alors que la route traverse les monts de Judée, nous traversons une forêt de 6 millions d’arbres plantés en mémoires des victimes de la shoah. 4,5 millions de pins pour les adultes et 1,5 millions de cyprès pour les enfants. Plus personne ne parle dans le bus. L’atmosphère est pesante. Puis ce sont les faubourgs de la ville, les embouteillages sous le soleil. L’atmosphère se détend. Notre guide nous emmène vers Bethléem en secteur sous contrôle palestinien ce matin, visiter la basilique de la nativité, puis retour en secteur israélien à l’heure du repas. Cet après midi, promenade sur le mont des oliviers, au jardin de Gethsémani où le christ fut arrêté. Fin d’après midi dans le vieux Jérusalem, au mur des lamentations, dans le quartier arabe pour suivre la via dolorosa en direction du Golgotha où se trouve la basilique du saint sépulcre.
Le programme est dense.
Le mur de la honte ?
Pour accéder à Bethléem, qui depuis 2000 se trouve dans les territoires contrôlés par les autorités palestiniennes, il nous a fallu passer la ligne de défense voulu par Ariel Charron en 2006 pour arrêter les attentats dans Jérusalem lors de la première intifada (guerre des pierres). C’est une impression étrange de passer les check point avec des soldats en armes. On a l’impression de rentrer dans une cage. C’est un sentiment assez désagréable et dérangeant. A l’intérieur du territoire palestinien, on se prend l’orient en pleine face, avec des quartiers assez pauvres surtout dans les camps de réfugiés comme celui de Beth sala que nous avons traversé.
Une fois descendus du bus, on se rend compte que ce sont des quartiers plein de vie, avec pleins d’enfants dans les rues, des petits commerces de fruits et de bazars. Les voitures et les taxis arborent quasiment tous des drapeaux palestiniens. La population est charmante. Malgré des policiers en armes, l’ambiance n’est absolument pas pesante et on ne ressent pas de sentiment d’insécurité tout au long du trajet à pied vers la basilique qui se trouve au sommet d’une colline, quasiment accolée à une mosquée ou l’iman était en train de faire son prêche de la prière du vendredi. Les deux religions se côtoient apparemment sans problèmes.
La basilique de la nativité est le plus vieil édifice religieux chrétien de la région. Il date de l’époque byzantine, (environ 300 après JC). C’est une église qui est construite sur la grotte de la nativité et qui est partagée entre les chrétiens orthodoxes, les catholiques et les chrétiens arméniens.
C’est dans la partie catholique qu’est célébrée la messe de nuit le 24 décembre.Marie et Joseph étaient originaires de Bethléem. Ils étaient juifs et issus de la tribu du roi David, une des 12 tribus d’Israël. Mais ils vivaient à Nazareth car Joseph qui étaient charpentier était parti là bas pour travailler à la construction de la ville voulu par un sultan. Or ils étaient revenus pour se faire recenser dans la ville d’où ils étaient originaires comme le voulait la loi. C’est pour cela que Jésus de Nazareth, fils de Joseph et Marie est né à Bethléem.
La guide nous a laissé un moment personnel pour nous recueillir. Première prière en ce lieu saint, avec une symbolique très forte. J’ai prié pour toi et pour ton bébé.
Nous avons alors quitté Bethléem, pour repasser en secteur israélien, avec un passage assez tendu du check point, où les soldats en armes sont montés dans le bus pour vérifier. Moi qui m’y connait un peu en choses militaires, crois-moi ils ne rigolaient pas, les armes étaient chargées, et prêtes à faire feu. Dans ces moments là on fait profil bas.
Puis la tension est retombée alors que l’on s’est retrouvé dans la ville moderne de Jérusalem pour aller mangé dans un grand hôtel. Le repas Kasher typique était excellent, avec une cuisine méditerranéenne superbe de saveurs. En début d’après midi nous avons repris le bus pour aller vers le mont des oliviers et le jardin de Gethsémani. En route nous avons pu faire des photos panoramiques de la ville.
Deuxième étape spirituellement forte au jardin de Gethsémani, lieu où le christ avait l’habitude de venir prier et parler à ses disciples.
C’est là où il vécu ses dernières heures d’homme libre car c’est là qu’il sera arrêté par les soldats après avoir été trahit par judas et son baiser. C’est un endroit très fort en émotion car le lie existe encore et les oliviers qui s’y trouvent ont plus de 2000 ans et donc ont vécu ces événements. C’est un lieu qui se trouve sur le flan d’un vallon, celui du Cédron, en contre bas du village de Béthanie où vivait jésus à la fin de sa vie. Ce jardin fait face aux remparts de Jérusalem face à la porte dorée. Une basilique a été construite au début du 20° siècle pour protéger le rocher de l’agonie, là où le christ à prier son père avant de réveiller ses apôtres qui dormaient au pied des oliviers, juste avant d’être arrêté.
J’ai prié en ce lieu.
Nous nous sommes alors dirigés vers les remparts de la ville pour accéder au mur des lamentations. Comme nous étions vendredi, veille du sabbat, il y avait beaucoup de personnes qui priaient, dont beaucoup de juifs orthodoxes qui ne vivent que pour étudier la parole de dieux inscrite dans la Thora Comme le veut le rituel, j’ai écrit une prière à dieu sur un petit papier que j’ai roulé et mis dans un interstice du mur. Cette prière demandait à Dieu qu’il te protège.
Ce lieu m’a donné une très grande émotion. C’est un sanctuaire de la religion juive, mais étonnement j’ai ressenti physiquement quelque chose de particulièrement fort et submergeant en ce lieu. Est-ce la ferveur qui se dégage de ce peuple qui prie, est ce le lieu lui-même, ruine du temple de Jérusalem ? Je ne sais pas. Je suis incapable d’expliquer, je peux juste décrire. Là aussi, j’ai eu les larmes aux yeux, et puis une impression d’apaisement et de bien être tout de suite après.
Puis nous sommes rentrés dans le quartier arabe, typique avec ses ruelles étroites et ses boutiques, quartier très animé où vivent les arabes israéliens, qui grouille d’enfants qui jouent dans les rues. Nous avons croisé quelques patrouilles de l’armée, des soldats très jeunes garçons ou filles entre 18 et 21 ans.
Au cours de cette promenade nous avons retrouvé la via dolorosa que nous avons suivit depuis la station V là où Simon de Cyrène a porté la crois de Jésus, jusqu’au Saint sépulcre, lieu de la crucifixion sur le Golgotha.
Là encore, un lieu d’une incroyable ferveur autour du rocher où la croix fut érigée, où de nombreux pèlerin viennent se prosterner (dont moi), la pierre où le corps du Christ fut étendu pour être préparé avant la mise au tombeau selon le rituel juif et le tombeau du christ.
Cette basilique est partagée entre les orthodoxes kopts et les catholiques de l’ordre du St Sépulcre.
Impossible de ne pas sortir bouleversé de cela.
Puis nous sommes ressortis de Jérusalem par une prote dans les remparts et nous avons rejoint notre bus qui nous a ramené au port d’Ashdod.
Le soir tombait, le ciel était un camaïeu de rose et de bleu, l’air était doux et le vent caressant. Je me sentais bien, en paix. J’espérais ressentir quelque chose en ces lieux, mais pas quelque chose d’aussi fort. Le soir au bateau, j’étais comme beaucoup vidé, mais paisible. Je me suis endormi en pensant à toi très fort pour te donner une partie de cette force qu’il me semblait avoir puisé en ce lieux.
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