Belle Sicile
Alors que le bateau effleure en
une lente et silencieuse caresse le rivage de la Sicile, je caresse du regard cette
île à la fois inconnue et mystérieuse, mais aussi si chère et si
envoutante. Dans les brumes limbées du
soir qui descend, je contemple les
contours de ses paysages incertains, où mon imaginaire d’enfant voyageur croit y deviner les lignes de ton visage si
beau et de ton regard si mystérieux et si troublant. Et je me dis que c’est de cette terre où ton
enfance avait son toit, de cette terre où s’ancrent tes racines, que tu tires ta beauté et la grandeur de ton âme, faite d’un si beau mélange de force
de tendresse et de douceur.
Elle est là, à la fois si proche
et si inaccessible. C’est alors que je sens monter en moi la vague submergeante
des émotions. Et même si ma main ne se resserre
que sur le vide de ton absence, en cet instant elle n’en veut pas d’autre, pas
d’autre que ta main dans la mienne et nos regards figés sur le même horizon. Tu
es là, je sens ta présence. Mon corps frissonne, je me mets à rêver de
l’infinie douceur de l’instant, fragment d’éternité, où nous serions ensemble
toi et moi sur le pont de ce bateau.
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